La structure du bâtiment en maison passive

L’ossature bois

L’ossature bois « canadienne »

La structure du bâtiment est constituée d’une trame de poutres de bois de même section, pour les éléments horizontaux, inclinés ou verticaux.

Un pare-vapeur est placé côté intérieur, puis une contre-cloison pour passer toutes les techniques et la finition intérieure. Une sous-toiture est placée côté extérieur pour les toits et les murs.

Ossature_poteaux-poutresLa structure poteaux-poutres

C’est équivalent à l’ossature bois « canadienne », bien que la trame soit constituée d’éléments principaux (plus grosse section) et d’éléments secondaires (remplissage par des éléments de plus petites sections).

Ces 2 principaux systèmes d’ossature bois sont souvent mixés au sein d’une construction.

Les avantages

  • Rapidité d’exécution : l’ossature est montée en quelques jours et le bâtiment mis hors eau et hors air en ± 12 semaines après la finition des murs de caves. Il faut près de 6 mois de moins qu’en maçonnerie.
  • Facilité de réalisation de l’étanchéité à l’air : les contre-cloisons permettent de passer toutes les techniques et donc de ne pas percer le freine-vapeur à chaque blochet, prise, bouche de ventilation, … Un pré-test blower-door peut être réalisé avant la pose des contre-cloisons, tant que tous les éléments participants à l’étanchéité à l’air sont encore visibles.
  • Légèreté : l’ossature bois est 5 à 10 fois plus légère que la maçonnerie, elle peut donc être transportée à moindre coût, les fondations peuvent être moins importantes, notamment sur sol à faible portance (éviter un radier, …). Une ossature peut être montée par une personne seule, sans aide de grue.
  • Construction sèche : pas de temps d’attente de séchage au cours de la construction, ni en fin de chantier. Par exemple, les peintures peuvent être faites directement.
  • Pas de séchage des éléments et donc pas d’énergie utilisée pour ce séchage. Il faut l’équivalent d’environ 1500 litres de mazout pour sécher le plafonnage d’une habitation en maçonnerie.
  • Les murs de caves n’ont pas besoin d’être surdimensionnés ou doublés.
  • La résistance au feu : contrairement aux idées reçues, une maison ossature bois résiste mieux au feu, car le bois conserve sa résistance, même à haute température. Une ossature bois résiste plusieurs heures, puis craque (prévient) avant de s’écrouler. Une construction traditionnelle est constituée d’acier (ou de béton avec des armatures acier), l’acier « ramollit » à une température d’environ 650 °C et la structure du bâtiment s’écroule rapidement.
  • L’isolant étant placé dans l’épaisseur de l’ossature, l’épaisseur des murs peut être diminuée d’environ 10 à 15 cm. En maison passive où les murs atteignent des épaisseurs de 45 à 65 cm, ce n’est pas négligeable de récupérer un peu d’épaisseur.

Les inconvénients

  • Le prix brut d’une construction ossature-bois est légèrement plus élevé (5 %) qu’une construction traditionnelle.
  • Les entreprises d’ossature bois sont encore trop peu nombreuses, d’où le prix plus élevé.
  • Ne résiste pas aux inondations et aux termites…

Bois_empilLa structure en bois massif

Le principe : le mur de blocs traditionnel est remplacé par un mur en bois. L’utilisation du bois ne dispense pas de recourir à des épaisseurs d’isolation relativement importantes.

Plusieurs techniques existent en bois massif : le bois empilé horizontalement, le bois « empilé » verticalement, les « blocs » de bois, les fustes (troncs d’arbres entiers empilés), les murs en planches empilées et clouées ou collées, …

Les inconvénients principaux sont l’usage de grandes quantités de bois, le tassement au fur et à mesure des années, l’inétanchéité à l’air du bois rend impossible de laisser ce bois apparent à l’intérieur, le bois n’est pas très isolant par rapport à un matériau isolant tel que la cellulose, la laine de bois ou la laine de verre (il faut 3 à 4 fois plus d’épaisseur pour obtenir la même résistance thermique), …….

Massif_passifLa construction traditionnelle

Le principe : sur un mur porteur en béton (blocs de béton, béton cellulaire, béton armé, béton d’Argex, blocs de terre cuite, …) est fixé un isolant puis un parement (le plus souvent en briques). L’étanchéité à l’air est assurée par le plafonnage (et donc la finition).

Les avantages

  • Coût de construction moindre car la majorité des entreprises travaille avec cette technique.
  • Beaucoup d’entreprises dans un rayon proche autour de la construction.
  • Certaines personnes préfèrent le béton au bois…

Les inconvénients

  • Temps de construction très long, incertitude concernant les délais car ils dépendent des conditions climatiques.
  • Murs très épais
  • L’étanchéité à l’air est obtenue avec les finitions. Si des retouches doivent être faites, il faut retoucher ces finitions, ce qui fait qu’il est souvent trop tard. Cette étanchéité à l’air doit être pensée et étudiée consciencieusement avant les travaux, puis contrôlée tout au long du chantier. Le séchage du plafonnage engendre parfois des fentes laissant passer l’air…

EuromacL’isolant coffrage perdu

Dans cette solution, c’est des blocs d’isolant rigide qui sont utilisés et qui servent de coffrage perdu. C’est très léger à poser et très rapide, mais les matériaux sont plus chers à l’achat par rapport à l’ossature bois. Très peu d’entreprises travaillent avec ce type de matériau.

Conclusion

L’ossature bois se révélera la solution la plus adaptée dans la majorité des cas. Il faudra réserver la construction traditionnelle passive (massif passif) à certains cas plus particuliers (volonté de travailler avec telle entreprise de proximité, risques termites ou inondations, …)