Le choix de l’isolant en maison passive

Le choix de l’isolant en maison passive

Comparaison des différents isolants

Une résistance thermique de 10 m²K/W est largement suffisante pour atteindre le standard passif.

Isolant

Utilisation

Valeur lambda
(jusqu’à : W/mK)

Prix posé indicatif pour
R = 10 m²K/W (€/m²)

Ouate de cellulose soufflée Isoproc i3

Caisson d’ossature bois

0.038

26.06 €

Laine de verre soufflée Knauf Supafil

Caisson d’ossature bois

0.034

26.52 €

Laine de bois soufflée Steico Zell

Caisson d’ossature bois

0.038

30.83 €

Laine de verre en rouleaux Knauf Naturoll

Caisson d’ossature bois

0.035

36.40 €

Laine de verre en rouleaux Knauf Naturoll

Caisson d’ossature bois

0.032

37.86 €

Laine de bois en panneaux Steico Flex

Caisson d’ossature bois

0.038

49.80 €

Laine de chanvre en panneaux Thermo Chanvre

Caisson d’ossature bois

0.039

55.92 €

Laine de verre en panneaux TI35U Multifit

Caisson d’ossature bois

0.035

31.53 €

Laine de mouton Thermalan NWT40

Caisson d’ossature bois

0.04

92.13 €

EPS Graphité Placo Cellomur Ultra

Sous enduit extérieur

0.031

52.05 €

EPS Graphité Placo Maxissimo

Sous chape

0.031

55.30 €

EPS 0.35 blanc

Sous chape

0.035

59.71 €

PIR Utherm Wall

Sous chape

0.023

55.75 €

Laine de roche Rockwool 504

Sous chape

0.04

107.28 €

Laine de bois Steico Therm

Sous chape

0.039

110.61 €

Les prix sont donnés à titre indicatif.

Une épaisseur supplémentaire d’isolant pour avoir la même valeur R implique une augmentation de l’épaisseur de l’ossature et donc un surcoût qui n’est pas repris dans ce tableau.

Les isolants à base de fibres

isolation_bois_celluloseLes isolants à base de fibres minérales (Laine de verre, laine de roche, …)

Ce sont les isolants les plus répandus et les moins chers. Ils possèdent une très bonne qualité d’isolation thermique mais ont peu d’inertie et gèrent mal les transferts de vapeur d’eau. Leur prix est accessible.

Les isolants à base de fibres végétales (Laine de bois, de lin, de chanvre, paille, liège, …)

On distingue les matériaux issus de la filière bois (laine de bois, liège) et ceux issus de la filière agricole (paille, chanvre, lin).

Ces matériaux gèrent très bien les transferts de vapeur d’eau et possèdent des caractéristiques thermiques intéressantes, telles que la valeur d’isolation, l’inertie thermique, la densité.

Les isolants à base de fibres animales (Laine de mouton, duvet de canard, …)

Ces isolants sont parmi les plus chers car ils ne résultent pas d’une filière qui peut produire intensivement. Ce sont en général de très bon produits.

Les isolants à base de matériaux recyclés (peuvent faire partie des 3 catégories ci-dessus)

Le plus connu étant la ouate de cellulose (papier journal), un des produits les plus utilisé en construction écologique, tant par ses qualités intrinsèques que par son coût réduit.

Les autres filières sont moins répandues, comme la laine de PET (bouteilles plastiques), laine de verre (tri sélectif du verre), laine de coton (vêtements, vieux jeans), …

Ces matériaux sont performants et plus écologiques car leur provenance d’une filière de recyclage a un double avantage : celui de diminuer les déchets et celui d’économiser la production de matière première.

EPS-3Les isolants synthétiques

Ce sont généralement des isolants issus de la filière pétrolière, traités chimiquement pour obtenir un maximum de petites cellules fermées, impliquant une bonne capacité d’isolation.

Les polyuréthanes (PUR, PIR, …)

Isolant bi-composant, il peut être placé en panneaux rigides ou en mousse projetée sur chantier. Il possède de très bonne performances thermiques, mais est relativement cher et n’est pas stable (chimiquement) dans le temps. Il demande beaucoup d’énergie pour être produit.

Les polystyrènes (EPS, XPS, EPS avec graphite, …)

Qu’il soit extrudé, expansé avec ou sans graphite, le polystyrène est un matériaux efficace, mais non recyclable et possédant un bilan environnemental global relativement faible.

Ils résistent à l’humidité, ce qui en fait un des matériaux les plus efficaces en milieu humide ou contre la terre.

Conclusion

Les matériaux issus des filières de recyclage (cellulose, laine de verre recyclée, PET, coton, …) sont les matériaux de demain car la matière première est moins chère (à part pour la cellulose, il faut encore développer ces filière pour augmenter la production) et leur impact environnemental est très bon (recyclage de déchets, pas d’énergie utilisée pour produire la matière première, …)

La structure du bâtiment en maison passive

La structure du bâtiment en maison passive

L’ossature bois

L’ossature bois « canadienne »

La structure du bâtiment est constituée d’une trame de poutres de bois de même section, pour les éléments horizontaux, inclinés ou verticaux.

Un pare-vapeur est placé côté intérieur, puis une contre-cloison pour passer toutes les techniques et la finition intérieure. Une sous-toiture est placée côté extérieur pour les toits et les murs.

Ossature_poteaux-poutresLa structure poteaux-poutres

C’est équivalent à l’ossature bois « canadienne », bien que la trame soit constituée d’éléments principaux (plus grosse section) et d’éléments secondaires (remplissage par des éléments de plus petites sections).

Ces 2 principaux systèmes d’ossature bois sont souvent mixés au sein d’une construction.

Les avantages

  • Rapidité d’exécution : l’ossature est montée en quelques jours et le bâtiment mis hors eau et hors air en ± 12 semaines après la finition des murs de caves. Il faut près de 6 mois de moins qu’en maçonnerie.
  • Facilité de réalisation de l’étanchéité à l’air : les contre-cloisons permettent de passer toutes les techniques et donc de ne pas percer le freine-vapeur à chaque blochet, prise, bouche de ventilation, … Un pré-test blower-door peut être réalisé avant la pose des contre-cloisons, tant que tous les éléments participants à l’étanchéité à l’air sont encore visibles.
  • Légèreté : l’ossature bois est 5 à 10 fois plus légère que la maçonnerie, elle peut donc être transportée à moindre coût, les fondations peuvent être moins importantes, notamment sur sol à faible portance (éviter un radier, …). Une ossature peut être montée par une personne seule, sans aide de grue.
  • Construction sèche : pas de temps d’attente de séchage au cours de la construction, ni en fin de chantier. Par exemple, les peintures peuvent être faites directement.
  • Pas de séchage des éléments et donc pas d’énergie utilisée pour ce séchage. Il faut l’équivalent d’environ 1500 litres de mazout pour sécher le plafonnage d’une habitation en maçonnerie.
  • Les murs de caves n’ont pas besoin d’être surdimensionnés ou doublés.
  • La résistance au feu : contrairement aux idées reçues, une maison ossature bois résiste mieux au feu, car le bois conserve sa résistance, même à haute température. Une ossature bois résiste plusieurs heures, puis craque (prévient) avant de s’écrouler. Une construction traditionnelle est constituée d’acier (ou de béton avec des armatures acier), l’acier « ramollit » à une température d’environ 650 °C et la structure du bâtiment s’écroule rapidement.
  • L’isolant étant placé dans l’épaisseur de l’ossature, l’épaisseur des murs peut être diminuée d’environ 10 à 15 cm. En maison passive où les murs atteignent des épaisseurs de 45 à 65 cm, ce n’est pas négligeable de récupérer un peu d’épaisseur.

Les inconvénients

  • Le prix brut d’une construction ossature-bois est légèrement plus élevé (5 %) qu’une construction traditionnelle.
  • Les entreprises d’ossature bois sont encore trop peu nombreuses, d’où le prix plus élevé.
  • Ne résiste pas aux inondations et aux termites…

Bois_empilLa structure en bois massif

Le principe : le mur de blocs traditionnel est remplacé par un mur en bois. L’utilisation du bois ne dispense pas de recourir à des épaisseurs d’isolation relativement importantes.

Plusieurs techniques existent en bois massif : le bois empilé horizontalement, le bois « empilé » verticalement, les « blocs » de bois, les fustes (troncs d’arbres entiers empilés), les murs en planches empilées et clouées ou collées, …

Les inconvénients principaux sont l’usage de grandes quantités de bois, le tassement au fur et à mesure des années, l’inétanchéité à l’air du bois rend impossible de laisser ce bois apparent à l’intérieur, le bois n’est pas très isolant par rapport à un matériau isolant tel que la cellulose, la laine de bois ou la laine de verre (il faut 3 à 4 fois plus d’épaisseur pour obtenir la même résistance thermique), …….

Massif_passifLa construction traditionnelle

Le principe : sur un mur porteur en béton (blocs de béton, béton cellulaire, béton armé, béton d’Argex, blocs de terre cuite, …) est fixé un isolant puis un parement (le plus souvent en briques). L’étanchéité à l’air est assurée par le plafonnage (et donc la finition).

Les avantages

  • Coût de construction moindre car la majorité des entreprises travaille avec cette technique.
  • Beaucoup d’entreprises dans un rayon proche autour de la construction.
  • Certaines personnes préfèrent le béton au bois…

Les inconvénients

  • Temps de construction très long, incertitude concernant les délais car ils dépendent des conditions climatiques.
  • Murs très épais
  • L’étanchéité à l’air est obtenue avec les finitions. Si des retouches doivent être faites, il faut retoucher ces finitions, ce qui fait qu’il est souvent trop tard. Cette étanchéité à l’air doit être pensée et étudiée consciencieusement avant les travaux, puis contrôlée tout au long du chantier. Le séchage du plafonnage engendre parfois des fentes laissant passer l’air…

EuromacL’isolant coffrage perdu

Dans cette solution, c’est des blocs d’isolant rigide qui sont utilisés et qui servent de coffrage perdu. C’est très léger à poser et très rapide, mais les matériaux sont plus chers à l’achat par rapport à l’ossature bois. Très peu d’entreprises travaillent avec ce type de matériau.

Conclusion

L’ossature bois se révélera la solution la plus adaptée dans la majorité des cas. Il faudra réserver la construction traditionnelle passive (massif passif) à certains cas plus particuliers (volonté de travailler avec telle entreprise de proximité, risques termites ou inondations, …)